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L'opération consiste à collecter des fonds pour financer la rénovation et l'équipement d'une maison accueillant des enfants népalais. Les paris sont possibles sur toutes les courses de la saison 2010.

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Le Grand Duc en Chartreuse

« Il faudrait être un peu dérangé pour affirmer aimer la souffrance, alors que plus de la moitié de la planète vit avec de façon subie; mais les sportifs ont peut être cette faculté à l’accepter, à la dépasser, à en faire une compagne de voyage; Non, nous n’aimons pas souffrir, nous aimons le dépassement de soi, nous aimons aller puiser toujours plus loin, pour mieux connaître nos limites, pour mieux nous connaître tout simplement, et mieux partir à la découverte des autres ».
Le Grand Duc, dimanche 27 Juin, il est 5h00 sur la place du village du Sappey, nous nous élançons en direction de Chamechaude, point culminant du massif de la Chartreuse (2082m), première montée qui en appellera d’autres, 1100m de dénivelée positive pour 7 km; 235 silhouettes dans la nuit avec l’unique motivation en tête, aller au bout… Une longue montée à travers bois nous amène sous les falaises, un dernier pas équipé d’une main –courante, quelques pierriers et nous voici au sommet, la lune a rendez-vous avec le soleil qui se lève, c’est magnifique ! Une longue descente s’engage, il faut s’appliquer, ne pas dépenser trop d’énergie, être frugal dans l’effort mais optimiser chaque foulée, certains sont plus à l’aise dans cet exercice, je gère, je sais que la journée sera longue. Nous arrivons à Saint Hugues, nous sommes redescendus de 1200m, avons couverts 17 km, il fait déjà très chaud…Tout de suite, nous attaquons la montée vers l’Emeindras; avant le sommet, Cécile me rejoint, elle est dans son jardin, je sens qu’elle est en forme, je vais passer un moment avec elle, son rythme est supérieur au mien, je m’accroche mais au bout de quelques kilomètres, je la laisse filer, elle m’a atomisé ! Après Saint Eymard, une descente puis une petite montée avant le bouclage au Sappey. Nous avons parcouru 30 km, il en reste plus de la moitié, certains abandonnent déjà, la Chartreuse les a surpris, d’autres qui prennent le relais de l’épreuve en duo s’envolent. Je suis déjà bien entamé, je repars sans conviction…Sarcenas puis la Pinéa nous attendent, je trouve la montée très longue, tout est prétexte pour m’arrêter quelques secondes, puis je m’encourage à repartir, je m’arrête à nouveau, dix fois, vingt fois, des randonneurs nous encouragent, j’arrive en haut, je m’allonge quelques instants, je suis épuisé, je sais qu’il faut passer la Charmette avant 15h30 soit après 10h de course et 42 km ! Je suis au bord de la rupture, mais je pense à ce qui m’a amené là, pourquoi je suis là aujourd’hui, pour eux, parce que je l’ai choisi et que demain, je serai fier d’être allé au-delà de mes limites,, parce que d’autres aimeraient être à ma place, ou tout simplement pouvoir courir, ou marcher… Je repars sans me poser de questions; je sais qu’ensuite, deux gros morceaux nous attendent… J’arrive à la Charmette, une heure avant la barrière horaire, il ya a un contrôle médical obligatoire, les questions posées me laissent entendre que de nombreux concurrents ont subi de grosses défaillances ; je repars, « apte » et confiant, je suis doublé par des concurrents en relais, leurs encouragements sont précieux, je passe le col de la Sure (1710m) puis le col d’Hurtière (1770m); à la même altitude, la Chartreuse à un relief beaucoup plus alpin que notre Jura, nous courrons sur une magnifique pelouse, au milieu des rhododendrons, il faut rejoindre la « Pas de l’Ane » avant de basculer vers Mont Saint Martin, situé près de 1000m plus bas, après 55 km ; il reste deux grosses difficultés, le « Pas du Sappey », une montée très raide, avec des arbres au sol, un final équipé de cordes, très engagé, dire que les « anciens » passaient par là, avec des marchandises ! Une longue descente caillouteuse jusqu’à Proveysieux, il faut passer un vallon pour arriver à Queix, arriver impérativement avant 19h30, sinon, tout est fini !.. Je sais que c’est juste, mais je n’arrive plus à courir, sinon à trottiner quelques dizaines de mètres, marcher, repartir, je me présente au contrôle 15mn avant la barrière, des concurrents en relais attendent impatiemment leurs équipiers, je rejoint un coureur local dont j’ai fait la connaissance la veille, c’est une référence dans la région, il est lui aussi épuisé, je l’encourage, il me dit que ce Grand Duc est un « grand cru »; il nous reste 13 km, un dernier ravito dans un hameau et je m’autorise une pause, j’en profite pour remercier les bénévoles présents pour leur accueil exceptionnel, leur gentillesse, la beauté de leur montagne ; dernière montée, seul, interminable, il me reste à passer le col de Bens et ce sera fini…Enfin, quelqu’un ! « Plus que deux kil ! » ces mots là valent de l’or ! « Je dois être le dernier ? » « Non, il y en encore beaucoup derrière toi, fonce ! » Je savoure les dernières centaines de mètres, la chaleur des encouragements me fait oublier la douleur et la lassitude, Cécile m’attend sur la ligne, elle m’apprend qu’elle a fait le podium, j’en suis fier ! On m’annonce que le parcours faisait plutôt 80 km et plus de 5000m de dénivelé, que plus de la moitié des « solos » ont abandonné. Me voici rassuré avant l’ultra du Beaufortain et la TDS, mon corps accepte enfin de me porter aussi longtemps, sur des reliefs aussi alpins, je crois que je vais vraiment m’éclater cet été !
Au final, je finis 95e, après 16h20 de course.

4 commentaires:

  1. Le Jura du nord a dit, BRAAAVOOO......d'apres ce que nous avons cru comprendre ça été dur mais pour la bonne cause tu as été jusqu'au bout et cela n'a pas de prix.Repose toi quand meme un peu cette fois.

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  2. Impressionnant - quel mélange d'émotions, d'intensité vraie : souffrance, courage, résistance, fierté - un pas puis deux puis ... milliards - bravo - se battre pour soi, contre soi - se battre pour les autres - passion etc. - bravo bravo bravo bravo bravo ...

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  3. Bruno, super ton recit "grand duc" ! bcp de bonheur, de sensibilité, d'humilité... Effectivement "un grand cru" cette année ! Comme tu le dis le trail nous apprend à rester modeste et humble. Repose toi bien avant le Beaufortain BIZ Cécile

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  4. Encore un régal de te lire Bruno. C'est un vrai bonheur !!!
    Chapeau bas c'est super
    Continuez cet enchantement
    Cosette du Plateau

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